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Benjamin Gates
                    Affiche teaser américaine. Walt Disney Pictures
     On est parfois poussé par des forces extérieures. Aller au cinéma ne relève parfois pas du choix conscient, mais forcé par des compagnons insomniaques dont les préjugés tombent au fur et à mesure. Après cette phrase introductive on ne peut plus mystérieuse passons à la daube du jour: Benjamin Gates. Me faisant à l'idée qu'il fallait absolument voir ce film (sous peine de sanctions immédiates), je me suis dit qu'il fallait le prendre à la rigolade. Et je ne fus pas déçu: loin d'être un quelconque amuse-gueule avant un Indiana Jones tant attendu, cet opus tire sur la veine historico-aventurière on ne peut plus risible.
     Benjamin Gates cette fois sort des USA pour visiter au choix: le bureau de la Reine d'Angleterre pendant que ses congénères se mettent à la recherche d'une boucle d'oreille, la Statue de la Liberté française entre conversations avec des fonctionnaires de police français (qui connaissent Montesquieu par coeur attention!) ou bien même les deux.... Outre le scénario aberrantissime, l'interprétation exceptionnelle de Nicolas Cage qui illumine le film par des interventions notoires: "Alors cela nous ramène au mystère maya du VIème siècle directement en lien avec l'assassinat de Kennedy". Ce film d'aventures pour enfants abrutissant est un incontournable pour qui apprécie le navet, ce film qui se prend au sérieux et nous fait rire à chaque instant. Un grand moment de cinéma...
 
Benjamin Gates et le Livre des Secrets - ma note pour ce film :
Réalisé par Jon Turteltaub
Avec Nicolas Cage, Diane Kruger, Jon Voight, ...
Année de production : 2007
Bienvenue chez les Ch'tis
                  Kad Merad et Dany Boon. Pathé Distribution

      Casquette bleue vissée sur le tête en habit de facteur, le rôle de Dany Boon pourrait tenir plus d'une reprise de son sketch "La Poste" que d'un long métrage. Quand on sait qu'il est aux manettes de cette comédie qu'est "Bienvenue chez les Ch'tis" on craint le pire. Et pourtant, on a tort. Fort de ses 5 millions d'entrées, meilleur démarrage pour un film français de tous les temps, cette oeuvre étonnante nous réconcilie avec la comédie familiale.
       Le synopsis est bien connu, un directeur de Poste (Kad Merad) venant du Sud suite à une mutation forcée, est obligé de demeurer à Bergues, charmante ville du Nord de la France. Sa confrontation avec la réalité d'une région qu'il redoute va mettre à mal ses préjugés sur cette région mal connue.
       Dany Boon signe ici de sa plus belle plume, un film mêlant passion, romantisme et rires en cascade. Loin de l'effroyable Astérix, l'amateurisme de ce film est à souligner. S'il se joue à chaque fois des clichés pour s'en éloigner par la suite, ce va-et-vient incessant ne gâche rien au plaisir que procure l'immersion totale de Kad dans cet autre pays. Loin d'être exceptionnel, on ne boude pas notre plaisir devant cette "leçon de ch'tis pour parisiens". Un peu d'exotisme à l'intérieur de la France, ce bon moment nous permet de nous évader 1h30, un luxe dans un film français de nos jours. En espérant que la ville de Bergues ne subira pas le même sort que son homologue "Marly-Gomont", les panneaux nordistes étant souvent mis à mal.
 
Bienvenue chez les Ch'tis - ma note pour ce film :

Année de production : 2008
Réactions à la sortie des Césars.
                                   

La cérémonie des Césars version 2008 ferme ses portes, récompensant ainsi plusieurs mois relativement douloureux en termes de cinéma français sous fond de réductions de subventions et de crise du cinéma d'art et d'essai. Néanmoins on a largement évité la catastrophe et, au vu du palmarès, il est difficile de ne pas esquisser un assez large sourire.
Voilà le palmarès en détails:

 Meilleur film : "La Graine et le mulet" d'Abdellatif Kechiche

- Meilleur réalisateur : Abdellatif Kechiche dans "La Graine et le mulet"

- Meilleur acteur : Mathieu Amalric dans "Le Scaphandre et la papillon"

- Meilleure actrice : Marion Cotillard dans "La Môme".

- Meilleur acteur dans un second rôle : Sami Bouajila dans "Les témoins"

- Meilleure actrice dans un second rôle : Julie Depardieu dans "Un secret"

- Meilleur espoir masculin : Laurent Stocker dans

"Ensemble, c'est tout"

- Meilleur espoir féminin : Hafsia Herzi dans "La Graine et le mulet"

- Meilleur premier film : "Persépolis" de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud

- Meilleur scénario original : Abdellatif Kechiche pour "La Graine et le mulet"

- Meilleure adaptation : Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud pour "Persépolis"

- Meilleur film étranger : "La vie des autres" de Florian Henckel von Donnersmarck

- Meilleur film documentaire : "L'avocat de la terreur" de Barbet Schroeder

- Meilleur court-métrage : "Le Mozart des pickpockets" de Philippe Pollet-Villard

- Meilleurs costumes : Marit Allen pour "La Môme"

- Meilleurs décors : Olivier Raoux pour "La Môme"

- Meilleur son : Laurent Zeilig, Pascal Villard et Jean-Paul Hurier pour "La Môme"

- Meilleure musique écrite pour un film : Alex Beaupain pour "Les chansons d'amour"

- Meilleur montage : Juliette Welfing pour "Le Scaphandre et le papillon"

- Meilleure photo : Tetsuo Nagata pour "La Môme"


Je me permets de  livrer quelques réflexions à l'issue de cette cérémonie:

-Deuxième razzia méritée pour Abdellatif Kechiche et la "Graine et le mulet", ce cinéaste a du coeur et une humilité déconcertante après 4 césars de plus à ajouter à sa collection. Si certains jaseront toujours sur le fait que le film a été peu vu, il faudrait leur rappeler que les Césars ne sont pas les récompenses du Box-office mais la qualité du cinéma français et, à ce point de vue, la victoire ne souffre d'aucune contestation. De plus, cette victoire présage une bonne continuation pour ce film brillant.

- La prévisible César de Marion Cotillard pour "La Môme" mis à part, le film d'Olivier Dahan n'a obtenu que des Césars techniques mérités au vue du budget du film. La qualité esthétique de "La Môme" prévaut en dépit d'une mise en scène de bas étage. Une bonne nouvelle que l'académie n'ait pas succombé...

-La victoire de "Persepolis" formidable adaptation de sa BD  par elle-même de Marjane Satrapi.

-La présence même marginale du film de Téchiné "Les Témoins" qui signait là un de ses films les plus aboutis et les plus émouvants.


Le seul point noir étant la pauvreté des films français quand on voit notamment la catégorie "Meilleur film étranger", on voit qu'on est, dans l'ensemble, d'une qualité relativement médiocre. Le fait que deux films comme "Ensemble c'est tout" ou même "Un secret" soient primés même par le biais de deux acteurs témoignent d'une grande faiblesse.

 
Paris
                  
 La sortie dont tout le monde parle cette semaine (même si la cérémonie des Césars ont bien fait de l'éclipser un peu), c'est celle du nouveau film de Cédric Klapisch: Paris. Doté d'un titre équivoque ce nouvel opus après  L'Auberge Espagnole puis l'excellente confirmation des Poupées Russes, Klapisch nous délivre Paris.


Le titre sans équivoque nous place au coeur de Paris, un Paris tantôt bobo, tantôt ouvrier mais toujours vivant. Des personnages se croisent, s'évitent, se lient et s'emmêlent, le film-chorale parfait....ou presque.


Malgré un casting alléchant comprenant à la fois les promesses du cinéma français (Duris et Laurent pour ne citer qu'eux) ainsi que d'autres "vieux routards" (Luchini, Binoche, Cluzet, Dupontel....), Paris n'emballe jamais. L'aspect brouillon et hétérogène du film chorale, avec des portraits succincts de personnages aux intérêts divers plonge le film dans une banalité profonde. Loin de la fraîcheur des films précédents, le film est lourd trop lourd, et le poids de la maladie du personnage joué par Romain Duris nous assomme par ses remarques sorties d'un mauvais mélo (du type mais s'il pouvait savoir la chance qu'ils ont de pouvoir être en retard).


L'éloignement de Duris correspond quasiment à un réveil, après 2h10 d'insomnies quelques rires par ci par là, une prestation quasiment enchanteresse de Fabrice Luchini (et de Karine Viard) au milieu de ce marasme collectif. Car plan par plan le film sombre comme Romain Duris, Klapisch est malade, il a avalé la dépression collective, et à la fois avalé lui-même par un sujet trop lourd pour lui: une capitale, lieu de rencontre qu'il résume par plusieurs vies qui se trouvent là par hasard mais jamais en harmonie, qui se croisent pour dire de se croiser sans jamais y croire vraiment. Le gris de Paris ne sera je l'espère que de passage pour un Klapisch qui nous aura habitué à mieux: plus frais, plus doux, plus drôle et surtout plus beau. Car l'émotion dégagée par le film est inexistante, témoignage s'il en faut que la sauce ne prend pas entre les stars, que le film-chorale(de cette manière) est épuisé, et que d'autres ont déjà traité ce sujet Paris avec la magie et la virtuosité qu'il fallait (de Resnais dans "On connaît la chanson" à "Dans Paris" d'Honoré par exemple). Malgré quelques scènes cocasses et le charme des acteurs présents, on reste sur une sensation de déjà vu, de "mieux vu" et donc de trop vu.
 
Paris - ma note pour ce film :

Année de production : 2008
Heath Ledger

                              



On retiendra cette semaine le destin tragique du jeune Heath Ledger, acteur australien autodidacte, disparu à l'âge de 28 ans dans des circonstances apparemment inconnues

                                                           Pathé Distribution


Sa courte carrière nous aura tout de même apporté "The Patriot" son premier grand film, "Les seigneurs de Dogtown", "I am not there" mais surtout "Le secret de Brokeback Mountain" chef d'oeuvre d'Ang Lee.

 
Heath Ledger
Né le 04 Avril 1979 à Perth (Australie)
Parution dans The Dark Knight, Le Chevalier Noir, I'm Not There, L'Imaginarium du Docteur Parnassus
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